Les « Aloalo » pour honorer les ancêtres

Dans les traditions malgaches, on voue un culte étrange aux ancêtres. Pensant que les défunts communiquent toujours avec les vivants, les Malgaches leur érigent des tombeaux surprenants et poétiques, faits de poteaux funéraires, les Aloalo, sculptés de motifs traditionnels. Cet art funéraire s’étend sur plus de trois siècles : la période historique correspondant à l’émergence du royaume Sakalava, au XVIIe siècle, jusqu’à son effondrement, à la fin du XIXe siècle. Dans l’art funéraire Sakalava, les statues érotiques représentant des hommes, des femmes ou des couples sont particulièrement réputées. L’ethnie Sakalava, qui vit sur la la côte Ouest de l’île, cache ses tombes parmi les bois alors que l’ethnie Mahafaly du grand Sud malgache les édifie aux abords des axes routiers, notamment entre Tuléar et Ampanihy, pour les faire admirer au plus grand nombre.

Les poteaux malgaches les plus connus sont les Aloalo Mahafaly. Ils s’élèvent comme des totems voulant affirmer le statut social du défunt et l’assurance d’une position identique dans l’au-delà. Ce sont pour l’essentiel des poteaux Mahafaly qui sont présentés dans cette exposition, du 8 septembre à fin octobre 2015, à La Tibétaine.